Capitaine América contre… Le Souïne?

Aujourd’hui, je vous amène visiter un comic qui m’a laissé bien confus et ce à plusieurs niveaux lorsque j’étais enfant : Capitaine América et le Faucon No.66.

N’eut été du fait qu’il était inclus dans un ComicOrama jumbo, je ne l’aurais certainement pas acheté. C’est que je n’aimais pas du tout le style de dessin de Jack Kirby. Je trouvais que ses bonhommes avaient l’air d’être en plastique. Il faut dire qu’à l’époque, n’étant âgé que de 9 ou 10 ans, j’ignorais qu’on était supposé aimer un dessinateur non pas pour son art actuel mais bien à cause de ce qu’il avait apporté à l’industrie quelques décennies plus tôt.

Donc, l’histoire commence alors que Le Faucon et sa blonde Leila se remettent d’un lavage de cerveau subi lors de l’aventure précédente.  

Tandis que Cap s’inquiète encore un peu à leur sujet, le docteur lui dit des paroles rassurantes, ce qui le distrait du fait que le Faucon dit des choses plutôt étranges à sa chick.
…en particulier dans la dernière image.

Tandis que Cap, le Faucon et la black avec l’afro de 18 lbs rentrent chez eux, nous nous retrouvons en Amérique Centrale à la prison de Rio de Muerte où deux prisonnier sont conduits devant  le Commandante Hector Santiago. (Derrière lui, en fait.)

Ils se plaignent qu’ils ont faim? D’accord : Hector est tellement gentil qu’il va permettre à l’un d’eux de manger. Oui, un seul des deux, parce que tsé, faut pas non plus ambitionner.

Pendant ce temps à New York, Cap et le Faucon, déguisés en Steve Rogers et Sam Wilson nous offrent une scène de resto, tandis que leurs blondes bitchent sur le service.

Pendant que Sam essaye tant bien que mal d’ignorer les bitcheries de Donna Summer, voilà que l’on comprend pourquoi on a vu la prison de Rio de Muerte quelques pages plus tôt : Deux hommes ont fait tout le voyage à partir de l’Amérique Centrale pour se rendre à ce  restaurant de New York afin d’y capturer le serveur et le ramener à cette prison. Pour crime de service trop lent, je suppose.
Le Faucon s’en mêle et vient à la rescousse du waiter.  Normal : Celui-ci n’a pas encore eu le temps de lui apporter son dessert.

Et on retourne à Rio de Muerte, où le diner ne se déroule guère mieux. Parce que là, au contraire, le service est trop rapide et trop généreux. Comme quoi trop, c’est comme pas assez.

En revenant chez eux, Cap et sa blonde se disputent sans se douter que les méchants du resto les ont suivis afin de les capturer avec un pistolet qui… euh… selon le texte, c’est du gaz, mais selon le dessin rempli de Kirby dots, c’est de l’énergie cosmique.  Gaz, énergie… C’est peut-être une flatulence de Galactus!?

Ils kidnappent donc Cap tandis que Le Faucon pense encore à lui, même pendant qu’il frenche sa chick.
Mais elle le remet vite sur le droit chemin et il recommence à lui dire des mots doux dans un vocabulaire toujours aussi bizarre.

Enfin, on retourne à la prison où on apprend un peu plus sur les méthodes disciplinaire d’Hector, qui ne manquent pas d’humour.
Décidément, il aime torturer avec de la nourriture.

Et à la dernière page, on fait la connaissance d’un nouveau personnage : une bitch provoquante dans tous les sens du mot, nommé Dona Maria.
Elle lui fait honte, elle l’insulte, n’écoute rien de ce qu’il dit, défie son autorité, lui souhaite bien des misères… Bref, une cousine comme on en retrouve dans toutes les bonnes familles.

Critiques et commentaires :
D’abord, au sujet de l’histoire, je dirais que quand on est un enfant de dix ans, lire ce comic laisse quelque peu traumatisé.  La scène de la mort par indigestion est très forte.  Je veux dire, montre-moi Reed Richard qui menace Galactus avec l’anihilateur suprême (ou ne nullificateur ultime, selon le traducteur), il me sera difficile d’avoir peur d’un truc aussi fictif.  Mais avoir des maux d’estomacs d’avoir trop mangé, et/ou avoir une figure d’autorité qui nous force à manger?  On a tous déjà vécu ça.  Alors de voir qu’on peut en crever, ça impressionne.

Et Hector est un personnage particulièrement inquiétant.  Même s’il se montre toujours plein de compassion dans ses paroles, il pose les gestes les plus violents.  Cette violence et cette cruauté contrastent avec son apparence de petit homme au physique non-intimidant.  Depuis le temps que je lisais des comics de super-héros, c’était la première fois que je voyais un méchant aussi efféminé : Mince, petites lunettes rondes, cheveux longs… Sérieusement, le gars a l’air de John Lennon.

En plus, quand on ne comprend pas l’espagnol, le mot Commandante a l’air d’être le féminin de commandant. Et dans une image, alors que deux gardes parlent d’Hector, le troisième dit : « Une femme diabolique! » Avouez qu’il y a de quoi être confus.

Le … Le quoi? Le Souïne?
Le truc le plus difficile à comprendre pour un jeune québécois unilingue francophone, c’est le surnom que tous donnent à Hector Santiago : Le Swine.

Pour être franc, je ne blâme pas le traducteur de ne pas avoir su que swine voulait dire porc, dans le sens de salaud. Puisque ce n’est pas un mot qui fitte dans une conversation polie, on ne nous l’apprend pas dans les cours d’anglais à l’école pour la même raison que l’on ne nous apprend pas non plus shit, fuck, ou Stephen Harper.  Nous ne pouvions donc pas en savoir la prononciation. Voilà pourquoi on disait Le Souïne.

Bloopers et étrangetés :
Juste au moment où cap et sa blonde ils perdent connaissance, les deux méchants entrent sans masque dans l’appartement qu’ils viennent tout juste de remplir de gaz endormant. Pas bright! Mais bon, ça a l’air qu’ils utilisaient du gaz raciste qui marche juste avec les américains.

Je trouvais très étrange que le Faucon avait une relation  incestueuse avec sa mère.  Mais bon, faut pas demander à un enfant unilingue francophone de connaitre le slang newyorkais, surtout si le traducteur change Little Momma pour Petite Mère.
Enfin, on avait beau le surnommer The King of comics, Jack Kirby n’était pas parfait. À ce moment-là de sa carrière, il avait passé les trente-cinq dernières années à dessiner des athlètes baraqués. Alors quand le scénario demande de remplir la prison de Rio de Muerte avec des hommes faibles, maigres, souffrant de malnutrition, il nous a sert ça :


En plus, King Kirby n’était pas à l’abri des bloopers. Voyez, par exemple, cette scène où les méchants regardent ce qui se cache sous la chemise de Cap : Son bouclier, lorsque recouvert de la chemise, cesse d’être rond et prend la forme de son dos.

… et son bouclier est plus large que la chemise qui le recouvre.

Enfin je me suis toujours demandé ce que c’était, cette ligne étrange en bas à gauche de la couverture.

Pour le savoir, j’ai comparé avec la couverture originale, celle du comic Captain America and the Falcon No.206.

Et le graphiste savait comment traduire Swine, lui!

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours pensé que sur cette couverture Le Swine prenait son élan avant de porter un coup. Le dessin original de Kirby, sans boite de code barres ni texte, démontre qu’au contraire, si on se fie à la position de sa jambe, il vient plutôt de lui en sacrer une.

Somme toute, pas un mauvais comic, sauf si on n’en connait pas la suite.

LA SEMAINE PROCHAINE: La suite!

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Capitaine América, Comics Héritage, The 70s. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Capitaine América contre… Le Souïne?

  1. jrbastien70 dit :

    Je ne sais pas pourquoi tous les jeunes des années 80 n’aimaient plus le style de Kirby. Aujourd’hui, je trouve le graphisme de Kirby extraordinaire. Comme ce blog d’ailleurs!

    J'aime

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