Le premier X-Men 3-en-1 (1 de 2)

.. ou, si vous êtes pointilleux: Marvel trois-dans-un, X-Men, No.1.

Parue pour la première fois à l’été de 1981, cette série de comics que mes amis et moi surnommions X-Men 3-en-1  parce que c’était plus court, avait une double particularité : C’était le premier comic Héritage de format triple. Et c’était le premier à atteindre le prix exorbitant de (*gasp*) un dollar.

Commençons par le commencement avec:

SÉRIE 1: Les Mystérieux X-Men
Dans cette première partie, le professeur Xavier recrute des mutants de partout dans le monde. Certains sont déjà connus, comme :

Wolverine, du Canada. Déjà apparu dans Hulk.

Banshee, d’Irlande. Déjà apparu dans Capitaine América.

Sunfire, du Japon. Déjà apparu dans Les Vengeurs.

Et d’autres qui viennent d’être créés pour ce comic, comme Colossus, de Russie.

Nightcrawler, d’Allemagne.

Storm, du Kenya.

Et Thunderbird, des États-Unis.  Et il est encore plus américain que tout l’monde puisque c’est un apache.

On fournit des costumes à ceux qui n’en ont pas déjà, et voilà les nouveaux X-Men:

Xavier forme cette équipe pour aller porter secours aux X-Men originaux perdus sur l’île de Krakoa. C’est Cyclops, déjà leader du premier groupe, qui les dirigera. Ils commencent par leur expliquer ce qui s’est passé.

Ensuite, ils se rendent sur l’île en question. Cyclops sépare l’équipe en quatre afin que chacun se retrouve devant un danger, histoire de nous familiariser avec leurs pouvoirs.

Cyclops etCorvette- Thunderbird se battent contre des plantes.

Storm et Colossus se frottent à une avalanche à tête chercheuse.

Banshee et Wolverine affrontent des crabes.

Tandis que Sunfire et Nightcrawler se payent une prise de bec tout en cassant la yeule à des oiseaux.

Ils finissent par se retrouver… 

… avant de retrouver les X-Men originaux et les sauver. Et là, dénouement inattendu :

Sauf que, puisque c’était plus ou moins la première fois que l’on entendait parler de mutants, on ne pouvait pas savoir à quel point c’était invraisemblable qu’une île en soit un.

Bloopers et incongruités.
La majorité de ces personnages étant tout nouveaux, leurs pouvoirs sont encore mal définis. Par exemple, Nightcrawler. Son pouvoir principal étant la téléportation, on se demande pourquoi il a eu besoin du professeur Xavier pour le sauver de la foule, au lieu de juste leur échapper en se téléportant.

C’est peut-être parce qu’à ce moment-là, c’était Storm qui avait ce pouvoir?  Car en effet, pour la première et dernière fois, elle apparait de nulle part en surgissant d’un éclair.

Quant à la page de présentation de Colossus, les images ne fittent pas tellement avec le texte.  Car même si ça dit qu’il n’a pas le temps de s’écarter de la trajectoire du tracteur, on voit très bien qu’au contraire il a tout le temps de prendre sa soeur, se retourner, faire face au tracteur et prendre son élan avec son bras avant de frapper.

Je n’ai jamais compris en quoi faire tout ceci lui demandait moins de temps que seulement poursuivre sa course après avoir ramassé la petite.

Parlant de Colossus, la flèche rouge que je rajoute ici montre de quel côté il s’apprête à swigner l’arbre qui lui sert de bat de baseball.

Et puisque Storm est dans le chemin, ceci aurait dû se produire:

Comment peut-on déraciner un arbre en tirant une de ses branches vers le bas?

Lors de sa première apparition dans Hulk No. 40 (Bon, techniquement c’est sa seconde apparition puisqu’on le voit d’abord dans la dernière image de Hulk 39) le masque de Wolverine est différent de celui qu’il porte dans ce premier numéro des X-Men.

Et oui, c’est un blooper.  Il arrive souvent que la couverture n’est pas dessinée par le même artiste que le comic.  Ici, la BD est par Dave Cockrum tandis que la couverture est de Gil Kane. Probablement trop habitué à dessiner Batman, Kane s’est trompé en dessinant à Wolvie un masque semblable.
Cockrum a trouvé que le design erroné était plus beau que l’original, alors il est retourné modifier le masque de Wolverine sur toutes ses pages. Et c’est ainsi qu’une erreur est devenue la norme.  Heureusement que Cockrum s’est arrêté là et n’a pas poussé la chose jusqu’à effacer Sunfire et Banshee du comic.  Car en effet, n’avez-vous pas remarqué que Kane a oublié de les dessiner?

J’avais beau n’avoir que douze ans, je ne savais pas ce que je trouvais le plus aberrant entre le fait que Xavier essaye de recruter Thunderbird en lui lançant une insulte totalement raciste …
… ou bien le fait que ce dernier, malgré le mépris qu’il dit avoir pour les blancs, recherche soudain son approbation en voulant lui prouver sa valeur.

Lorsque Cyclops raconte comment il est revenu chez lui après avoir perdu les X-Men originaux, on nous montre ce qu’il décrit comme étant des yeux normaux. Vous trouvez ça normal, vous?

Cette histoire contient également le rebondissement le plus nul dans la scène la plus inutile de toute l’histoire des comics. Sunfire commence par dire qu’il ne se joindra pas à l’équipe parce qu’il n’en a rien à foutre des autres mutants…

… Pour ensuite changer d’idée et les rejoindre. Dans la même page. Sans jamais que son revirement ne soit expliqué.

Détails techniques.
Héritage a fait un bon coup en ne commençant à traduire les X-Men qu’à partir de l’apparition de la nouvelle équipe dans Giant Size X-Men #1 paru en 1975, et de la suite de leurs aventures à partir des Uncanny X-Men #94. D’abord parce que l’écart n’était que de six ans entre la traduction et la version originale, au lieu de dix-huit ans s’ils avaient commencés au numéro 1 paru en 1963. Et ensuite parce que c’est avec cette seconde équipe que la série a enfin connue le succès. La preuve, c’est que la série originale s’était arrêtée au numéro 66. Tous les numéros suivants, soit de 67 à 93, ne contenaient que des reprises de leurs aventures précédentes. Une façon comme une autre d’interrompre une série sans pour autant la canceller.

Aussi, c’est une bonne chose qu’ici, on prend la peine de préciser que le mot Wolverine veut dire Carcajou

Parce que dans sa première apparition dans Hulk, le nom qu’ils lui avaient originalement collé donnait l’impression qu’il était affamé.

Toujours dans ce numéro de Hulk, les griffes de Wolverine font partie de ses gants. Et ils ne sont pas encore en adamantium mais bien en diamant.  Ou du moins, dans la version française.

Mais dans ce numéro de X-Men, pour la première fois, on voit qu’elles sont rétractables.

C’est également la première fois que se fera entendre l’effet sonore SNIKT! qui leur sera éternellement associée.  Marvel a même copyrighté cet effet sonore.

Depuis l’an 2000, il est normal que Charles Xavier ressemble à l’acteur Patrick Stewart puisque c’est ce dernier qui l’a joué dans les films des X-Men depuis l’an 2000.  Mais en 1975 il ressemblait plutôt à un autre acteur chauve populaire de l’époque, Yul Brynner.

Ah, et si vous vous demandez de quoi Nightcrawler parle dans cette image …

Voici ce que ça veut dire en français, der jahrmarkt.

Et c’est à suivre parce que ce comic est tellement long que je n’aurai pas fini aujourd’hui.

La semaine prochaine: La suite, avec les Défenseurs et Nova.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Comics Héritage, Marvel Comics, The 70s, The 80s. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Le premier X-Men 3-en-1 (1 de 2)

  1. J’en retiens : une foire!

    J'aime

    • Steve Requin dit :

      Genre!
      Et tout ce temps-là, je croyais qu’il parlait de quelqu’un. J’ai dû confondre DER avec HERR.

      J'aime

      • Tori dit :

        je ne connaissais pas la traduction exacte, mais je l’avais déduite en décomposant le mot : jahrmarkt = jahr markt = marché annuel, d’où foire (une foire revient en général à date fixe une fois par an). Mais c’est vrai que je ne suis pas tombé sur ce mot étant enfant.
        Dans la traduction de France, on avait « J’aurais mieux fait de rester avec les gens du cirque ! Mais non, j’en ai marre d’être reluqué comme un phénomène ! Kurt Wagner vaut mieux que ça, et je le prouverai ! » dans la version de Lug (en 1981), et « Il aurait été plus simple pour moi de rester avec le Jahrmarkt… mais Kurt Wagner n’est pas une créature de foire ! » chez Panini (en 2002).

        Aimé par 1 personne

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