On ne voit (surtout) ça qu’en BD: La goutte!

Comme la plupart des amateurs de BD, mes lectures d’enfance débordaient d’éléments que je ne voyais jamais dans la vraie vie: Les extra-terrestres, la radioactivité qui donne des pouvoirs paranormaux, des chevaux qui galopent pendant des heures non-stop… Et la goutte.



Mais quel est ce mal bizarre qui apparaît sans explications et qui ne semble affecter que des personnages de BD au hasard? Voici ce que dit Wikipédia au sujet de la goutte :

La fluxion goutteuse se présente par une douleur soudaine et vive et par le gonflement d’une articulation. Elle n’atteint en général qu’une articulation par crise et d’abord les orteils, en particulier la base du gros orteil, avec l’articulation métatarso-phalangienne (on parle de « podagre », ce qui signifie « pris par le pied dans un piège », soulignant pour les anciens l’intensité de la douleur) mais aussi parfois les chevilles, les talons, les genoux et, beaucoup plus tardivement les articulations des doigts et les poignets. Cette douleur qui se déclenche souvent la nuit, est insomniante et empêche tout contact avec l’articulation (même avec les draps du lit). Le pic d’intensité douloureuse est atteint en moins d’une journée et la crise se résout spontanément en une à deux semaines. Sans traitement, elles se répètent avec des intervalles libres de plus en plus courts.

Quant aux personnes atteintes…

La goutte est plus fréquente chez l’homme et augmente en fréquence avec l’âge. Elle touche près de 1 % de la population. Elle se déclenche typiquement chez les hommes pléthoriques (mangeant beaucoup et ne faisant pas d’exercice) à partir de 50 ans.

Quant à sa cause, c’est en partie relié à l’alimentation :

La cause exacte de la goutte reste inconnue. Une composante génétique est probable du fait de la fréquence des formes familiales et de la prévalence chez les sujets de sexe masculin, mais les facteurs environnementaux jouent un rôle non négligeable dans sa survenue : surpoids, consommation régulière d’alcool, alimentation riche en purines (viande rouge et abats notamment).

Elle est plus fréquente chez les personnes obèses (notamment dans le cadre d’un syndrome métabolique) ou avec une consommation d’alcool excessive (essentiellement chez les buveurs de bières, probablement par la richesse en purines du breuvage). Elle est favorisée par une plus grande consommation de viandes ou de fruits de mer. Elle serait également plus fréquente chez les consommateurs de fructose que cela soit sous forme de sucre (sodas et boissons sucrées) ou de fruit.

Donc, pour être à risque, il faut être un homme, de plus de 50 ans, avec une alimentation riche, et qui bouge peu.  Voilà qui décrit bien ce chômeur éternel d’Hilarion Lefuneste (1er exemple), le gouverneur de la Barbade Sir Grotif  (2e exemple) et le Capitaine à la retraite (3e exemple).  L’obésité étant un autre facteur de risque, c’est pourquoi Lefuneste dit à Talon que ça lui pend au nez. 

Et voilà qui résout le mystère de cette maladie et de ce qui la cause.  Maintenant, quant à savoir pourquoi ce sujet apparaissait si souvent dans les BD européennes des années 50-60-70, j’ai une théorie: Avec l’abondance qui est survenue en Europe après la fin de la seconde guerre mondiale, les gens ne se privaient de rien : Alcool, nourriture riche, charcuteries en tous genres… Dans de telles conditions, je suppose que la goutte était fréquente, d’où sa présence toute aussi fréquente dans les BD.

Ici, au Québec, nous avons toujours mangé moins que nos cousins d’outre-mer. Et voilà quelques décennies qu’une alimentation mieux équilibrée fait partie de nos mœurs.  En plus, il existe maintenant des traitements contre cette maladie. Par conséquent, moi, personnellement, bien que j’ai passé mon enfance à voir plusieurs personnages de BD souffrir de la goutte, je n’ai jamais vu ça dans la vraie vie.

Aux États-Unis cependant, toujours selon Wikipédia…

Sa fréquence tend à s’accroître, probablement en rapport avec la longévité en augmentation et le mode de vie. La prévalence auto-déclarée de la goutte au cours de toute une vie est estimée à près de 4 % dans la population générale, ce pourcentage étant en augmentation depuis plus de 40 ans.

Bref, oui, ça existe encore, mais ça a toujours été plus rare au Québec que dans les BD européennes des années après-guerre.

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Les images:
Achille Talon par Greg.
Surplouf et ses Corsaires par Cézard.
Pim Pam Poum par Knerr.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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2 commentaires pour On ne voit (surtout) ça qu’en BD: La goutte!

  1. Marc C dit :

    Je viens d’avoir ma première crise de goutte.
    J’ai tout de suite pensé au capitaine de Pim Pam Poum, que je lisais dans mon enfance dans les années 1960-1970.

    Aimé par 1 personne

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