Joe Bright l’ingénieux, une BD québécoise de 1937.

Joe Bright l’ingénieux était un personnage de BD québécoise dont les bandes furent publiées dans le journal politique indépendant et satyrique Le Siffleux, dont les bureaux étaient à Montréal.  Je ne sais pas si ça a déjà été répertorié dans l’Histoire de la BD au Québec, mais j’en ai récemment découverte quelques unes, datant de 1937.  


Dès le premier strip, on note le très fort accent québécois du texte, mélangé au vocabulaire de l’époque:
Kekseksa: Qu’est-ce que c’est que ça?
Bodommage: Beau dommage, avant d’être le nom d’un groupe, signifiait Bien sûr, évidemment, certainement.
Ç’t’anne: Contraction de c’est une.
Bill: Le premier ministre de l’époque William Mackenzie King. Aucune idée qui est le Dick.
Pamphiligence: Pour celle-là, aucune idée.  Je suppose qu’à l’époque, il devait y avoir un personnage populaire, fictif ou réel, nommé Pamphile et reconnu pour son intelligence.


En tant qu’ex-concierge résident de tours de 22 à 34 étages, je confirme que peu importe la hauteur de l’édifice, le vent arrive toujours à y emporter des graines de gazon.  Ceci dit, voilà deux strips de suite qu’ils parlent d’octroyer des travaux à des chômeurs.  Je suppose que le manque d’ouvrage était un problème dans le temps.


À l’époque où les pièces de monnaie de moins d’un dollar avaient plus de valeur qu’aujourd’hui, on appelait ça des jetons, terme aujourd’hui utilisé pour des pièces rondes et plates sans valeur.  


Pas sûr de la comprendre, celle-là.  Je suppose qu’en se proposant comme président, il cherche à avoir la main sur une partie de l’argent récolté, comme dans le strip précédent.

Des travaux inutiles pour octroyer des contrats, se faire payer alors qu’on devrait plutôt payer, ne pas tenir ses promesses d’augmentations, les compagnies d’assurances qui prennent de l’argent en refusant d’en donner…  C’est pas mal encore comme ça que ça se passe de nos jours.

Mais il n’y a pas que ces BD qui demeurent contemporaines.  Voici quelques images signées Hector Siffleux.  Frère de l’autre? En fait, tous les collaborateurs du journal Le Siffleux signent avec différents prénoms, mais tous avec Siffleux comme nom de famille.

Commençons avec une scène digne de Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay, mais presque trente ans plus tôt.

Et cette situation que nous avons tous déjà vécu au moins une fois, mais pas nécessairement avec des corsets.

Je ne savais pas que le déménagement annuel était notre sport national depuis si longtemps.  

Mon oncle m’a appris qu’à l’époque, la coutume sociale voulait que les visites de logements se fassent durant tout le mois d’avril (d’où la tradition du ménage du printemps), et que le déménagement se fasse le premier mai.  Ceci causait un réel problème aux commissions scolaires qui voyaient une partie des enfants changer d’école à un mois et demi de la fin des classes.  Voilà pourquoi le gouvernement s’en est mêlé, et a proposé le premier juillet, jour d’été, de congé et férié, comme date officielle pour déménager.

Mais à part pour ce dernier point, à la lecture de ces images, on constate que certaines choses sont demeurées constantes dans notre société en 80 ans.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans BD québécoise, Comic Strips, Dans les journaux. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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