Le Québécois dans la BD internationale 4

Bédéistes et felquistes, même combat!
Dans le billet précédent, j’ai parlé d’un numéro de la série Marvel Fanfare qui met en vedette Jean-Paul Beaubier alias Northstar, super-héros québécois et ex-membre du Front de Libération du Québec.  Aujourd’hui, je vais vous en résumer l’histoire de façon un peu plus détaillée.

Ça commence alors que Jean-Paul reçoit un appel de la part de Jacques Paradis, un ancien camarade du FLQ qui craint pour sa vie.  Malgré sa super-vitesse, Jean-Paul arrive trop tard.  Son ami a été tué par une bombe.



Suite à cet attentat, les membres de Alpha Flight (les Avengers canadiens) sont convoqués dans les bureaux de la RCMP par un policier du nom de McHeath. Bien que aujourd’hui à la retraite, il a décidé de reprendre du service puisque l’attentat a ré-ouvert un dossier dont il était en charge: La cellule Combattre du FLQ.

La BD ayant été faite en 1985, voilà quinze ans que les membres de la Cellule Combattre échappent à la police. Les fugitifs sont trois hommes et trois femmes, et sont connus sous les noms de code de Lettre A, B et C, ainsi que Numéro 1, 2 et 3.

Apparemment, pendant la Crise d’Octobre 70, les policiers de Montréal portaient l’uniforme cérémonial de la Police Montée.


Quand on a un service privé de courrier super-rapide, on peut se permettre de faire sauter des boites à lettres.  Bref, Jean-Paul qui faisait partie de la cellule Combattre (sans avoir de numéro ni de chiffre, apparemment) explique qu’il a lâché le groupe car il n’était par d’accord avec leur manie de poser des bombes.

… ce qui entre en contradiction avec ce qu’il déclarait quelques années plus tôt dans Alpha Flight no.10…

…mais passons!

Jean-Paul se fait demander par McHeath où se trouvent les cinq survivants, histoire de les protéger de celui qui cherche à les éliminer. Il se trouve donc à devoir choisir entre sauver ses camarades en les trahissant, ou les condamner en leur restant fidèles.  Il vire parano et théorise que c’est peut-être la police qui a tué Jacques Paradis, pour manipuler Northstar à les débusquer pour eux. 

Aussi, il décide de ne faire ni l’un ni l’autre, et plutôt aller prévenir ses anciens amis du danger.  Sans le savoir, il est suivi par le reste de Alpha Flight.  Qui, eux-même, sans le savoir, se font suivre par le véritable tueur; The Scourge.


Qui en profite pour éliminer un second membre, Clémentine D’Arbanville, qui avait déjà fait une apparition dans Alpha Flight no.22.

Numéro Un (Jacques) et Numéro Deux (Clémentine) étant morts, Jean-Paul comprend que le tueur les élimine dans ordre numéraire et alphabétique.  Il fuit la scène de crime et s’en va rejoindre les deux membres suivants, soit Numéro Trois et Lettre A.  Ces derniers forment un couple, sont  propriétaires d’une cour à scrap, et relaxent en fumant un joint dans une carcasse d’autobus scolaire.


J’ai toujours trouvé cette scène un peu bizarre.  D’abord parce que ça a l’air que Numéro Trois trimbale un Uzi dans sa poche de veston.  Et aussi parce que, pour des gens qui sont supposés paniquer à l’idée de se faire retrouver, ils ont l’air pas mal joyeux à l’idée de tuer un de leurs ancien camarade.

Profitant de la confusion, ils s’enfuient et se font sauter, et pas de la façon l’fun.

Puisque personne ne connait l’existence du Scourge, tout le monde pense que c’est l’un des membres de la cellule Combattre qui élimine les autres.  Jean-Paul finit par accepter l’aide d’Alpha Flight afin d’arrêter le carnage.

Le Scourge les suit.  Quel hasard, Lettre B et Lettre C sont aujourd’hui mari et femme, habitent ensemble et ont fondé une famille.  Voilà qui facilite la recherche.  


Mais c’était un piège tendu par Alpha Flight pour capturer le Scourge.  Pendant la bataille, Aurora le force à enlever son casque, ce qui amène cette révélation inattendue:


Ah ben ga’donc ça, Jean-Paul n’était pas si parano, finalement.  Fa que, les héros de Alpha Flight battent aisément le policier malgré son armure.  Puis, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.  Enfin, je crois.  Fin!

Pourquoi est-ce que je vous ai présenté cette BD?  Le thème de mes billets ces jours-ci, c’est bien le québécois dans la BD internationale, n’est-ce pas?  Et bien, dans ce comic de Marvel, des québécois, il y en a.  Des vrais.  Et ils ont servi de modèle pour les terroristes.

Ainsi, Numéro Un alias Jacques Paradis est nul autre que Réal Godbout (version 1985), le dessinateur de Michel Risque et Red Ketchup.

Son confrère, Lettre B, a été modélisé sur son collaborateur de longue date, c’est à dire…

Eh oui: Pierre Fournier, scénariste de Michel Risque et Red Ketchup, et aussi auteur du fameux Capitaine Kébec.

Quant à notre autre couple de terroristes que je trouvais qu’ils manquaient de sérieux…

… Ben faut pas s’en étonner: Il s’agit du regretté Jacques Hurtubise, ainsi que de Hélène Fleury, piliers et propriétaires du légendaire magazine Croc.

Je ne m’en doutais pas, jusqu’à ce que je Réal Godbout lui-même me signale la chose, au sujet de mon billet précédent.  

C’est donc avec sa permission que je partage avec vous cette anecdote ainsi que sa photo.  Par contre, je n’ai pas pu rejoindre Pierre Fournier, d’où utilisation d’une vieille photo d’un article de La Presse de 1988 au sujet de Red Ketchup.

En tout cas, je comprends mieux pourquoi, tel que je l’ai écrit dans le précédent billet, que je trouvais que même les terroristes à la retraite ont l’air québécois.  J’ai dû inconsciemment les reconnaître, j’cré’ben!

___
LA SEMAINE PROCHAINE: Une série publiée dans Pif Gadget en 1975-76, mettant en vedette un personnage québécois qui sacre comme un charretier.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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2 commentaires pour Le Québécois dans la BD internationale 4

  1. Je possède ce comic depuis des lustres et je suis un fan fini de Godbout et de Croc… je n’en reviens pas de ne pas avoir reconnu tout ce beau monde, ils se ressemblent tellement! Surtout Hurtubise! Génial…

    Sais-tu comment Steacy connaissait la gang de Croc? Godbout est avare de détails dans son commentaire…

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