Québec Héroïque: Super Syphon (1972)

Tout comme l’Implacable Sirac et Metal Head, Super-Siphon est un super-héros québécois plutôt méconnu puisque ses aventures furent publiées dans un journal local. Dans ce cas-ci, le journal Le Canada Français, ayant comme slogan L’Hebdomadaire de Longueuil. Son arrivée fut annoncée par cette vignette dans le numéro du 5 septembre 1972.

Contrairement à ses deux collègues héros en armures, que je mentionne plus haut, cette série, signée « Parizo » est une parodie du superhéroïsme. Voici donc la première page de ce qui semble être sa première aventure.


Eh bien oui, Super Syphon est un super-héros qui porte un débouche-bécosse en guise de cagoule car il a comme thématique le bol de toilette, ce qui est super-hilarant parce que c’est là où on fait caca, hahahahehihohu!  Du moins, c’est ce que j’en aurais pensé en 1972, puisque j’avais six ans à ce moment-là. 

En tout cas, cette BD commence avec une incohérence. On voit dans les premières images que l’agent a été tué en pleine rue par des créatures sortant d’une bouche d’égout, qui ont laissé son cadavre sur le trottoir.  Et ensuite le texte dit qu’il s’agit de gens disparus, et qui ont été vus pour la dernière fois aux toilettes.  L’auteur ne s’est pas fait chier sur son scénario.



Bon! Là, ce ne sont plus des meurtres ni des disparitions, ce sont des enlèvements. Branche-toé. torvisse!  Et tiens, il a un épisode précédent? Je ne l’aurais pas cru.  Enfin, continuons. 

Hon! Il va tomber dans les égouts et ainsi se retrouver dans d’la pisse pis d’la marde!  Qu’est-ce qu’on rigole!


Oh!? Un couteau? Du sang? On rit pu, là!  Par contre, je ne vois pas ce que ces créatures lui font subir dans la dernière case.  Avec le thème de la série, je pencherais pour une insertion surprise de poire à lavements.

Euh…  La page commence en disant qu’il s’est fait planter un couteau dans le dos, et ensuite les créatures parlent d’un coup sur la tête?  Vous l’avez vu recevoir un coup sur la tête, vous?  J’ai dû manquer une case en kek’part.

Assommé ou poignardé, toujours est-il que ça le rend temporairement crackpot.  Et lorsqu’il revient à lui, plus aucune mention de s’être fait planter un couteau dans le dos, ni explication sur comment il a bien pu s’en remettre.

Euh… Pourquoi est-ce qu’il parcourt le chemin à la Spider-Man avec son câble-siphon plutôt que d’y aller avec la Syphon-Mobile que l’on voit dès la première page?  Décidément, le scénario est aussi cohérent que le lettrage du titre de cette BD, qui change à chaque semaine. 

C’est à ça que l’on reconnait une BD de longue haleine: L’auteur peut se permettre de perdre une page avec un gag n’ayant absolument pas rapport avec l’histoire. Et on continue.

Ah!? Cette semaine, Parizo découvre les trames de gris.

En fait, non, personne ne saura jamais ce qui est advenu de Super Syphon.  Peut-être que l’éditeur trouvait cette série trop chiante.  Ou peut-être que Parizo en avait ras le bol de fournir sa page à toutes les semaines.  Toujours est-il que cette série n’aura durée que six pages en autant de semaines, avant d’avoir été flushée. Par conséquent, nous ne saurons jamais ce que signifient les initiales de l’organisation F.L.A.I.R. qui l’employait. Dommage!

 

 

 

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Batman rencontre les Beatles

Le 12 octobre 1969, l’animateur de radio Russ Gibb a lancé la rumeur comme quoi Paul McCartney serait mort en 1966 dans un accident de voiture, et que ce serait un sosie qui le remplacerait au sein des Beatles

Dans la seconde moitié des années 60, DC Comics cherche à rendre Batman plus populaire auprès des jeunes.  La série est donc modernisée: Bruce Wayne ne vit plus dans le Manoir Wayne sur un domaine isolé, mais bien dans un penthouse au centre-ville de Gotham.  Quant à Richard Dick Grayson alias Robin, il est étudiant à l’université et il réside sur le campus. C’est donc dans cet état d’esprit « hip », « in » et « now » que Frank Robbins, alors scénariste pour Batman, eut l’idée de piger directement dans l’actualité, en s’inspirant de la rumeur au sujet de Paul McCartney.  Le résultat: Batman 222, “Dead…Till Proven Alive!”, publié en juin 1970.

DC Comics ne pouvait évidemment pas utiliser les vrais noms.  Aussi, dans cette aventure, ils sont remplacés comme suit:

  • The Beatles = The Oliver Twists, ou The Twists (And Shout?)
  • Paul McCartney = Saul Cartwright
  • John Lennon = Glennan
  • Ringo Starr = Benji
  • George Harrisson = Hal

Voici donc l’histoire, en espérant que vous êtes fluents en Groovy, car ces cats sont far out:



Comme par hasard, qui donc se trouve à être l’un des plus importants actionnaires de Eden Records, la compagnie de disques des Twists?  Mais Bruce Wayne, bien entendu.






Non seulement Saul est celui qui ressemble le moins à son homologue des Beatles, il est le seul des Twists à ne pas s’habiller en Sergent Pepper’s. On dirait plutôt qu’il a dévalisé le placard du Doctor Strange.




















Les références aux Beatles.
La première est bien sûr leur ressemblance physique.  Ironiquement, bien que l’on reconnaisse parfaitement Ringo en Benji, John en Glennan et George en Hal, le moins ressemblant est Saul / Paul, soit le seul vrai Oliver Twist.

L’un des indices sur lesquels les fans des Beatles se basaient pour théoriser sur la mort de Paul: Il nous tourne le dos, sur la pochette arrière de Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band, histoire de cacher le fait qu’il s’agit d’un sosie.

En couverture, nous avons une reproduction quasi-exacte de cette pose:

Autre indice: En pochette de Abbey Road, il est le seul à être pieds nus. 

Toujours en couverture, même chose: L’un des Twists est pieds nus.  Blooper cependant, il s’agit ici de Glennan / Lennon et non Saul / Paul.

Autres références:

  • Glennan qui dit « Sure was a ball, Saul. Too bad it’s over. » en message caché à la fin de la chanson Summer Knights = John Lennon qui dit « I Buried Paul » en message caché à la fin de la chanson Stawberry Fieds Forever.
  • Apple Records = Eden Records.
  • Yellow Submarine = Pink Submarine.
    Le voyage en Indes des Beatles, leur rencontre avec le Maharachi Mahesh Yogi = le voyage des Twists aux Himalayas. 
  • La rumeur disant que Paul est mort dans un accident d’auto = La rumeur disant que Saul est mort dans un accident de moto.
  • Et bien sûr: Paul est mort. = Saul est le seul d’encore vivant.

Détail amusant: Le fait que Saul démarre un nouveau groupe nommé Phoenix n’est pas une référence à Paul qui démarre un nouveau groupe nommé Wings.  Il s’agit juste d’une coïncidence, puisque le scénario de la BD a été écrit en 1970, et que les Wings firent leurs débuts en 1971.

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Et à part de t’ça.
Lorsque je ne suis pas occupé à écrire au sujet des groupes british dans les comics américains, je fais de la bande dessinée québécoise.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 11.


 

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Spécial Ciné-Cadeau III: Les 12 Bloopers d’Astérix

Les 12 Travaux d’Astérix et Astérix et Cléopâtre sont les dessins animés d’Astérix les plus connus et les plus aimés.  

Il faut dire que dans les deux cas, Albert Uderzo et René Goscinny furent directement impliqués dans la création, le scénario, la mise en scène et les dessins.  Voilà pourquoi il est aussi surprenant de voir le nombre détails étranges, illogiques et erronés que l’on peut retrouver tout le long du film Les 12 Travaux d’Astérix.  Par exemple:

1er BLOOPER : César a oublié l’existence de la potion magique.
Pourquoi César croit-il que si ces gaulois arrivent à tenir tête à la puissante armée romaine, c’est parce qu’ils sont peut-être des dieux?  Il le sait parfaitement, pourtant, que leur force surhumaine n’est due qu’à la potion magique du druide Panoramix.  Dans Astérix et Cléopâtre, qui se déroule chronologiquement avant Les 12 Travaux, il la connait bien, la potion. Même que dans le film, en envoie ses triplets mercenaires égyptiens saboter les travaux, en enlevant Panoramix et en renversant la marmite.

Remarquez, sans ce blooper, il n’y aurait pas eu de film pour commencer. 

2e BLOOPER : Obélix abandonne Idéfix au village sans la moindre explication.
D’habitude, Obélix insiste pour qu’Idéfix fasse partie des voyages. Ou alors, selon l’album, il le confie à Panoramix ou bien à Falbala. Ici, Obélix quitte le village, sans l’amener ni le confier à qui que ce soit, sans même y penser, ce qui ne lui ressemble pas du tout.

3e BLOOPER : En prenant de la potion magique, tout le monde est de force égale.
En attendant que la course commence, c’est ce qu’Astérix raconte à Mérinos le grec :

Et en effet, dans l’album Astérix aux Jeux Olympiques, on y voit la chose deux fois.

N’empêche que j’ai toujours trouvé ça illogique. Prenons, par exemple, le forgeron Cétautomatix. Nous savons tous qu’il est beaucoup plus fort physiquement que le barde Assurancetourix.  La preuve, il ne cesse de lui casser la gueule, sans avoir besoin de potion.

Pour l’argument, admettons que sans potion, Assurancetourix bench-press 100 lbs, et Cétautomatix 250. Panoramix l’a toujours dit, la potion magique décuple les forces. Alors s’ils prennent tous les deux de la potion, elle ne leur donnera pas une force égale.  Au contraire, Assurancetourix pourra soulever 1000 lbs, et Cétautomatix de 2500.

La preuve : Dans Astérix et Cléopâtre, Panoramix donne de la potion à Obélix pour lui donner un petit supplément de force, pour démolir la porte de pierre dans la pyramide. Si prendre de la potion amenait toujours tout le monde au même niveau de force physique, alors reprendre de la potion n’aurait pas augmenté celle d’Obélix.

4e BLOOPER : Oumpah-Pah existe en 50 avant Jésus Christ.
Oumpah-Pah est une autre série de BD du tandem Uderzo-Goscinny, dans lequel le personnage titre est un amérindien du 18e siècle. Alors ou bien il jouit d’une longévité exceptionnelle, ou alors nous voyons là un de ses ancêtres, qui se trouve à être son sosie.

5e BLOOPER : Cylindric le Germain est un expert en judo.
Lorsqu’il dit « Ch’ai fait un drès drès long foyage, ya!? » , il doit parler d’un voyage dans le temps, puisque le Judo n’existait pas avant 1882.

6e BLOOPER : Les clients d’Iris, le magicien venu d’Égypte.
Pourquoi quelqu’un irait délibérément se faire hypnotiser dans le but de se prendre pour un chat ou un oiseau? Non mais sérieux, là!?

7e BLOOPER : Les frites de Mannekenpix.
D’accord, je comprends, c’est pour faire un clin d’œil au cliché comme quoi les belges sont de grands consommateurs de frites.

Cependant, il s’agit d’un anachronisme, puisque c’est vers les années 1770 qu’Antoine Parmentier introduisit la pomme de terre en France.

8e BLOOPER : Obélix ne reçoit jamais son digestif.
Après avoir affronté (et apparemment dévoré) la bête, Obélix s’assoit à un café et commande un digestif. Le garçon lui répond que ça vient.

En attendant d’être servi, il écoute Caïus Pupus expliquer que l’épreuve suivante sera la maison qui rend fou. Puis, il se lève et suit Astérix, sans avoir été servi.

9e BLOOPER : L’huissier de la maison qui rend fou est sourd quand ça l’arrange.
Car en effet, lorsque le préfet lui parle, même à voix basse, il l’entend et le comprend parfaitement. Remarquez, c’est probablement ça le gag.

10e BLOOPER : Bien que les gaulois ont échoué une épreuve, le supposé-parfaitement-honnête Caïus Pupus l’inscrit comme étant réussie.
Au début de l’épreuve, Caïus Pupus leur a dit: « Il vous faut franchir ce gouffre, à l’aide de ce fil invisible que vous ne voyez pas, là-bas. » Or, à peine ont-ils traversé la moitié du gouffre sur le fil, qu’ils se laissent tomber à l’eau. Oui, ils ont franchi le gouffre. Mais ils l’ont fait à la nage et à l’escalade, et non à l’aide du fil invisible, tel que stipulé.

11e BLOOPER : Cléopâtre aide César à faire obstacle aux Gaulois.
Après tout ce qu’ils ont fait pour elle dans Astérix et Cléopâtre, pour l’aider à gagner son pari contre César, voilà qu’elle aide César contre les gaulois en fournissant les crocodiles pour l’épreuve du gouffre? Quelle ingrate!  Pas étonnant que les gaulois la punissent à la fin du film en la mettant à la cuisine, au service de César.

12e BLOOPER : La déclaration de Vénus / Aphrodite / Brigitte Bardot, au sujet de la lessive Olympe.

Qu’est-ce qu’elle en sait?  Elle n’en porte même pas, du linge!

Mais bon, comme le dit si bien Astérix lors du banquet final…

Ah!? Petit erratum.

Voilà qui est fait! Merci à Catherine Ferland, Historienne.

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Et à part de t’ça.
Lorsque je ne suis pas occupé à chercher des poux aux dessins animés européens, je fais de la bande dessinée québécoise.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 10.


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Spécial Ciné-Cadeau II: 7 faits au sujet de Astérix et Cléopâtre.

Comme à chaque période des fêtes, Ciné-Cadeau repasse les grands classiques du dessin animé européen que sont les Lucky Luke et les Astérix.  Cette semaine, je vais vous donner 7 faits que vous ne saviez peut-être pas au sujet de Astérix et Cléopâtre,

FAIT 1: La BD précède le dessin animé.
– Astérix et Cléopâtre a été publié en feuilleton dans le magazine Pilote, du numéro 215 paru le 5 décembre 1963, au 257 paru le 24 septembre 1964.
– L’album fut publié en 1965.
– Le dessin animé est sorti en 1968.
– Et le film avec acteurs, rebaptisé Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, date de 2002.

FAIT 2: La couverture de l’album est une parodie de l’une des affiches du film Cléopâtre, avec Elisabeth Taylor dans le rôle titre.
Voyez plutôt:

À l’époque, le film Cléopâtre fut le plus coûteux de l’histoire du cinéma, et certaines affiches annonçaient fièrement la liste de tout ce que ça a pris pour le réaliser: Nombre de figurants, décors, matériel, etc.  Uderzo et Goscinny reprendront le concept en bas de la couverture de l’album. 

Fait 3: Mais qu’est-ce que c’est que cette obsession qu’ils font tous au sujet de son nez?
Non mais c’est vrai, quoi.  Juste dans l’album, ils en font mention une douzaine de fois.  












Dans le dessin animé, ils en parlent tout autant, y compris dans la chanson Quand l’appétit va, tout va. (Ici à 01:54).

Fa que, c’est quoi le rapport avec le nez?
Cléopâtre avait beau être de la famille royale, elle n’était qu’une femme à une époque encore assez misogyne.  Alors comment est-elle devenue puissante, au point de régner sur l’Égypte?  Simple: Elle avait un gros nez.  Et à cette époque, parait-il, un gros nez était symbole de pouvoir.

Cléopâtre VII. Oui, c’était la 7e du nom.

Sans ce gros nez, elle n’aurait pas été portée au pouvoir après la mort de son mari (et petit frère) Ptolémée XIII, n’aurait pas rencontré César, n’aurait pas conçu avec lui un fils (Ptolémée XV dit Césarion), n’aurait pas séduit Marc Antoine, et n’aurait pas crée des alliances politiques qui allaient influencer Rome qui, à l’époque, contrôlait la majorité des pays de l’Europe. Voilà pourquoi l’auteur Blaise Pascal a écrit dans ses fameuses Pensées que si son nez avait été plus petit, ça aurait changé la face du monde.  Mais bon, certains historiens en doutent

Fait 4: Panoramix en perd sa moustache.
Ouais, petit blooper, dans la seconde image de l’avant-dernière page.

Fait 5: Cette aventure est bourrée d’illogismes.
Illogisme 1: Cléopâtre veut prouver à César que son peuple est capable de construire de grandes choses. Mais de tous ses architectes, elle choisit lequel?  Un minable qui n’est même pas capable de tracer une ligne droite.  Ça commence bien!

Illogisme 2: Le pari était de prouver que les égyptiens sont capable de lui construire un superbe palais en trois mois.  Alors en quoi est-ce que c’était son droit de faire appel aux gaulois, comme elle dit?

  Non seulement Panoramix fournit les travailleurs en potion magique, sinon ils ne seraient jamais capables de respecter les délais (ce qui confirme ce qu’en dit César), mais c’est également lui qui redessine les plans de Numérobis (ce qui confirme ce qu’en dit César). 

Bref, c’est elle qui triche, et elle ose traiter César de mauvais joueur. 

Illogisme 3: Personne ne voit Obélix briser le nez du Sphinx. 

C’est la plus haute structure du coin, il y a plein de gens à ses pieds, le sculpteur qui fait le portrait de Panoramix prend justement le Sphinx comme modèle pour le décor… Mais PERSONNE ne voit Obélix grimper sur le nez, ni n’entend la pierre se briser, ni ne l’entend frapper le torse du Sphinx, ni tomber par terre.

Illogisme 4: Pourquoi est-ce que l’intérieur d’une pyramide, ce n’est pas pour les petits chiens?

Obélix est toujours en train d’insister pour qu’Idéfix l’accompagne partout.  Et en effet, il est toujours avec lui, que ce soit en bateau, en prison, ou en présence de Cléopâtre dans son palais.  Et là, comme ça, sans raisons, une pyramide, ce n’est pas pour les petits chiens? C’est quoi, la logique?

Illogisme 5: Hey, Numérofif! Aurais tu oublié que Amonbofis…

  • A souhaité ta mort via crocodiles?
  • A monté tes travailleurs contre toi, les poussant à faire la grève?  
  • A empêché la livraison de nouvelles pierres?
  • A tenté d’abandonner les gaulois crever de faim dans une pyramide?
  • A tenté d’empoisonner Cléopâtre…
  • … Pour en faire porter le blâme aux gaulois?
  • T’a kidnappé, momifié et enfermé dans un sarcophage?

Parce qu’il est difficile à comprendre qu’après tout ceci: 

Ben oui, tsé, maintenant que tu es riche, Amonbofis-de-pute redevient ton ami, et vous vous associez. Pis toé, l’cave, tu lui fais confiance, en oubliant que même avant qu’il tente de te saboter auprès de Cléopâtre, tu avais refusé de t’associer avec lui parce qu’il était déjà cruel et fourbe.  

Fait 6: Il y a plein de références impossible à saisir si on n’est pas un français-de-France, et/ou si on ne vit pas dans les années 60.
Par exemple:


Avoir une situation assise signifie que c’est un boulot stable, bien payé, que l’on garde toute sa vie.  Mais là n’est pas la référence. C’est plutôt le scribe accroupi, qui est une statue qui se trouve au musée du Louvre.

Puis, il y a ceci:

Il a appris par correspondance, en effet, puisque l’école dont il parle, c’est l’École ABC de Paris, où, entre autres, Jean Giraud alias Moebius a appris à dessiner.  Et dans les années 50, leur slogan était…:

Puis il y a ceci:

La référence: L’Obélisque de Louxor, situé sur Place de la Concorde à Paris.

Puis il y a ceci:

Lorsque les égyptiens ont construit le Canal de Suez entre la Mer Rouge et la Méditerranée, ils ont fait appel à des banquiers et des ingénieurs français.

Puis, il y a ceci:


Non, Cléopâtre ne buvait pas régulièrement des perles dissoutes dans le vinaigre.  Cette scène fait référence une anecdote rapportée par Pline l’Ancien dans le livre Histoire Naturelle vol.IX. Il y raconte que pour impressionner Marc  Antoine par le luxe de ses repas, elle avait fait dissoudre dans du vinaigre une énorme perle de très grande valeur, avant de boire le tout.


Le 21 juillet 1798, lors de la Bataille des Pyramides, Napoléon dira à ses soldats: « Nous allons combattre. Songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent. »

Let’s go pour une triple référence:


Le journal France-Soir + la version BD de Chéri-Bibi + la BD The Heart of Juliet Jones, ou Juliette de mon Coeur en français.

Fait 7: Enfin, tout comme dans le dessin animé Daisy Town, également écrit par René Goscinny, cette aventure repose sur une tristement réaliste leçon de vie.
Pour l’expliquer, j’ai doublé le texte en Québécois:









La preuve que ça marche, c’est que même les gaulois, ses pires ennemis, sont fiers d’aider à le lui construire, son palais.

Et tant qu’à faire, je vous offre une dernière absurdité:




Bon, ça, ce n’est pas une leçon de vie! C’est juste la réaction classique d’un gars frustré de se retrouver dans la friendzone.

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Et à part de t’ça.
Lorsque je ne suis pas occupé à faire des analyses psychologiques de dessins animés européens, je fais de la bande dessinée québécoise.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 9.


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Spécial Ciné-Cadeau: Daisy Town, 9 leçons de vie tristement réalistes.

Lorsque revient le temps des fêtes, la chaine Télé Québec nous présente quelques dessins animés classiques tels Astérix le Gaulois, Astérix et Cléopâtre, Les 12 Travaux d’Astérix, ainsi que des aventures de Lucky Luke telles La Ballade des Dalton et Daisy Town.  Voici d’ailleurs l’horaire de la programmation 2016-2017.  

Avec les années, d’autres dessins animés de ces deux séries se sont ajoutées à la programmation. Mais pour aussi loin que je me souviens, et j’ai tout de même 48 ans, ces cinq-là ont toujours fait partie de cette tradition. Et puisque c’est une tradition, je les regarde sans faute à chaque année.

Or, en prenant de l’âge, notre perception change. Ces films que je regardais autrefois avec des yeux d’enfant, je les vois aujourd’hui avec des yeux d’adulte. Ça m’a permis de constater que Daisy Town contient les neuf leçons de vie suivantes:

LEÇON 1: L’intimidation et le terrorisme, ça fonctionne.
Depuis tout récemment, on peut enfin voir en version non-censurée le speech final de l’épisode 201 de South Park, sorti en 2010, dans lequel Kyle nous dit exactement çaIl ne nous apprend cependant rien puisque, presque quarante ans plus tôt, c’est ce que nous montrent les citoyens de Daisy Town face à la menace que constituent les Dalton.

LEÇON 2: Les gens sont si lâches qu’ils préfèrent protéger leurs agresseurs plutôt que d’aider la Justice à les arrêter.
C’est ce que fait la population de Daisy Town en étalant généreusement les sophismes. 

D’abord ils rendent positifs les gestes négatifs des Dalton, appelant ça du progrès.  Et ensuite, ils rendent négatifs les gestes positifs de Lucky Luke, appelant ça une entrave au progrès.
Ils peuvent bien s’opposer à Lucky Luke.  Ce n’est pas un bandit.  Il n’est ni menaçant ni dangereux, LUI!

LEÇON 3: On ne peut pas aider une victime consentante.
Les citoyens de Daisy Town commencent par demander à Lucky Luke de les aider car ils n’en peuvent plus de vivre sous la menace de la racaille.  Mais dès qu’il cherche à s’attaquer à la racaille qui les menace, ce qui est pourtant ce qu’ils lui ont demandé de faire, ils changent d’avis et essayent de l’en dissuader.   Ce thème avait déjà été abordé deux ans plus tôt dans l’album Jesse James, en remplaçant Daisy Town par Nothing Gulch, et les frères Dalton par les cousins James.  Et tout comme dans cet album, Lucky Luke se trouve écoeuré par tant de couardise.  De toute façon, puisqu’il est  impossible de se battre à la fois contre les agresseurs et les agressés, il ne lui reste qu’une seule option:

LEÇON 4: Il faut diviser pour régner.
C’est ce que font les Dalton: Par la terreur, ils divisent Lucky Luke des citoyens de Daisy Town, ce qui leur permet de régner sur la ville.  Plus tard, Lucky Luke prend sa revanche en profitant de la naïveté d’Averell en lui montant la tête contre ses frères, divisant ainsi les Dalton, ce qui lui permet d’en venir à bout.

LEÇON 5: Les soi-disant « bons » ne valent pas toujours mieux que les « méchants ».  Même qu’ils sont parfois moins honnêtes que ces derniers.
Vers la fin, réalisant qu’il ne pourra pas arrêter la civilisation des hommes blancs, le chef indien leur propose un arrangement en échange de l’occupation de ses terres:

Lucky Luke, qui semble se prendre pour le porte-parole de la civilisation blanche, accepte au nom de son peuple.  La paix est rétablie.  Happy end?  Pas pour les amérindiens, en tout cas.  On n’a qu’à ouvrir n’importe quel bouquin sur l’histoire du Far West pour le voir.  Non, le seul à être honnête avec eux, le seul qui va les prévenir au sujet du sort véritable que l’homme blanc leur réserve, c’est Joe Dalton.

LEÇON 6: Dès qu’il est question de profit, la loyauté fout le camp.
Quelle récompense reçoivent les Dalton de la part des indiens, après avoir prévenus ceux-ci contre les méfaits futurs de l’homme blanc envers leur peuple?  Une seule chose: La trahison! 

Du côté des citoyens de Daisy Town, même chose.  Ils ont passé les premiers 9/10e du film à fonder et défendre Daisy Town, à être fiers de leur ville, comme le démontre le maire qui nous sert ce discours deux fois de suite

Cependant, il suffit qu’un vieux gâteux vienne annoncer:

.. pour que tout le monde abandonne la ville pour le profit. Et malgré son beau discours, le maire n’est pas le dernier à le faire. Il est, au contraire, le tout premier.

LEÇON 7: Sois présent pour les gens qui sont dans le besoin, ces gens t’abandonneront lorsque tout ira bien.
En effet, dès que la richesse arrive, tout le monde s’en va et abandonne Lucky Luke sans hésitation ni la moindre petite pensée pour lui qui a tant fait pour eux.

Cette réaction a beau être injuste, elle n’en est pas moins normale.  C’est que, consciemment ou non, Lucky Luke représente ce qu’il y a de pire en eux, car sa présence est étroitement reliée à … :

  • Leur faiblesse, car ils lui ont demandé son aide.
  • Leur lâcheté, car ils se sont retournés contre lui par peur des Dalton.
  • Leur hypocrisie, car ils ont agi comme si le problème était Luke, et non les Dalton.
  • Leur cupidité, car ils ont tout abandonné à la seconde même où ils ont appris qu’il y avait de l’or dans les collines.
  • Leur déloyauté, car ils ont abandonné Daisy Town, pourtant supposée si chère à leurs yeux.

Dans de telles conditions, inviter Luke à profiter de leur nouvelle fortune, ça leur rappellerait, à chaque fois qu’ils le verraient, à quel point ils sont faibles, lâches, hypocrites, cupides et déloyaux.  Voilà pourquoi, dès qu’ils en ont eu l’occasion, ils l’ont fui. C’était la solution la plus facile, pour s’éviter la honte d’avoir à faire face à leurs propres travers. 

LEÇON 8: Aider les gens qui ne sont pas capables de se sortir de leurs problèmes par eux-mêmes, c’est une perte de temps.
Après que Lucky Luke ait consacré son temps et ses énergies à faire de Daisy Town un endroit où il fait bon vivre, les citoyens abandonnent la place, la laissant tomber en ruine.
Et celui qui a fait le plus d’efforts pour sauver cette ville, et ce pour absolument rien, c’est celui qui était le moins concerné, puisqu’il n’y habitait même pas.  Ce qui démontre que dans le fond, les citoyens de Daisy Town n’en avaient rien à chier de leur ville.  Sinon, ils auraient fait l’effort de régler leurs problèmes eux-mêmes, au lieu de refiler cette tâche à un étranger de passage, sans jamais l’aider à accomplir cette tâche.

LEÇON 9: Plus tu vas te démener bénévolement pour autrui, moins tu recevras de respect de leur part.
Si tu n’accordes aucune valeur à tes services, les gens considéreront que tes services ne valent rien.  Pas surprenant qu’ils ont tenté de faire obstacle à Luke au début, et qu’ils l’ont abandonné à la fin.  Il ne faut pas s’étonner après ça si ce cowboy se retrouve toujours aussi poor que lonesome à la fin de ses aventures.
Lucky Luke, un héros?  Non, juste une bonne poire qui se laisse exploiter par des gens qui n’en valent pas la peine.

Daisy Town, ce n’est pas seulement un dessin animé destiné à amuser les enfants. C’est un regard impitoyable sur la vie, sur les gens, et sur la société.  Et si ce regard n’en voit rien de bon, c’est hélas parce qu’il n’est que trop réaliste. 

Et pour la petite Histoire: Lorsque ce film est sorti en 1971, son titre était Lucky Luke, tout simplement, car il s’agissait de sa toute première apparition sous forme de dessin animé. Ce n’est qu’en 1983 que le titre changera pour Daisy Town, lorsqu’il sera adapté sous forme d’album de BD.  Et parfois, il porte ses deux titres, soit Lucky Luke, Daisy Town.

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Et à part de t’ça.
Lorsque je ne suis pas occupé à faire des analyses psychologiques de dessins animés européens, je fais de la bande dessinée québécoise.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 8.


 

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Captain America et Bucky à Québec

Il y a deux semaines, dans l’article La ville de Québec chez Marvel et DC, je disais ceci:

La ville de Québec est apparue pour la première fois chez Marvel en 1943 sous le crayonné de Syd Shores encré par Vince Alascia.  C’était dans Captain America vol.1 n° 27, à l’époque où Marvel s’appelait encore Timely Comics. Je n’en ai hélas trouvé que cette seule image, sur le net.

Quelques jours plus tard, j’ai reçu un superbe cadeau de la part de Sim Theury: Une copie de Captain America no.27. Grâce à sa générosité, j’ai aujourd’hui le plaisir de vous présenter cette aventure dans son intégralité.  


Que Captain America n’utilise pas d’arme à feu en pleine seconde guerre mondiale, on a tous été habitué à l’idée.  Ça rend encore plus surprenant le fait que Bucky, qui a entre 12 et 14 ans, utilise une mitraillette, modèle Chicago / Al Capone et non un modèle de l’U.S. Army, et tire les nazis en pleine tronche.

Ce comic contient deux aventures de Cap & Bucky, et une de La Torche Humaine (Jim Hammond, l’originale torche humaine, et non Johnny Storm) et son partenaire adolescent en slip, Toro.  On va se contenter de lire l’aventure de Cap qui se passe à Québec.  C’est parti!


Plutôt minuscules, les bûchers.  À peine de quoi réchauffer les bottes.





Si la ville de Québec est bien représentée, on ne peut pas en dire autant de la langue française.  











































Le bilan.
Côté représentation de la ville de Québec. 1942, c’était un peu avant moi, alors il me serait difficile de comparer le Québec de cette BD avec le Québec réel de l’époque.  Mais dans l’ensemble, le dessinateur a l’air d’avoir été bien documenté.  On reconnait bien le Château Frontenac.  Il y a même une apparition de la statue de Champlain de la Terrasse Dufferin, du moins son piédestal. 

Par contre, le scénariste était peut-être un peu en retard sur les nouvelles. En 1942, ça faisait sept ans que le pont de l’Île-d’Orléans existait.  Il n’y avait donc plus besoin de créer un pont de glace.

Côté langue française parlée et écrite, le peu qu’il y a est loin d’être parfait.

  • Je vois mal un canayen-françâ dire dans un moment de colère « Sacre bleu! Diable! L’enfant terrible. »
  • Pas de Monsieur, mais m’sieur, m’sieu et m’sier.
  • Chambers a lours au lieu de chambres à louer.

Curiosités diverses.
Les lignes rouges et blanches de l’uniforme de Cap lui couvrent le ventre mais non le dos.  Or, officiellement, dans l’univers Marvel, ce costume aux lignes manquantes appartient au faux Captain America des années 50. Je suppose que Timely Comics n’était pas l’univers 616.

Ah, et ce comic est un superbe exemple de propagande de guerre dans lequel on démonise l’ennemi.  Dans notre réalité, les allemands de la seconde guerre mondiale étaient reconnus pour être majoritairement beaux.  Ici, ils ont des tronches de néandertaliens.

Merci à Sim Theury pour sa précieuse collaboration.  Allez visiter sa page Le Cabinet de Curiosités Marvel

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Et à part de t’ça.

Lorsque je ne suis pas occupé à écrire au sujet des BD des autres, je fais les miennes.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 7.

 

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Montréal chez Marvel Comics

J’ai trouvé d’autres apparitions de Montréal dans les comics depuis mon article d’il y a deux semaines, et celles-là sont toutes de Marvel.  

En 1977, lorsque j’étais enfant, je me souviens d’avoir vu un reportage   à Télé-Métropole     au Canal 10     à CFTM   à TVA au sujet d’un cascadeur masqué portant un flamboyant costume.  On l’y voyait, attaché sur le toit d’un DC-8 en plein vol.  Les journalistes québécois l’avaient baptisé L’Homme Volant, une mauvaise traduction de son nom véritable, The Human Fly.  Faut tout de même reconnaître que ça sonne mieux que La Mouche Humaine.  Il est même passé en entrevue dans un talk show nommé Parle parle, jase jase animé par Réal Giguère, si je me souviens bien, à l’occasion de son passage à Montréal.  Il était venu dans le but d’y accomplir une cascade spectaculaire: Battre le record d’Evel Knievel.  Knievel avait sauté en moto par-dessus 13 autobus. Fly s’était mis comme défi d’en sauter le double, au Stade Olympique de Montréal, pendant l’intermission du show de Gloria Gaynor.  

Ce même Human Fly avait sa propre série de comics publiée par Marvel.  Et dans The Human Fly no.11 paru en juillet 1978, il se rappelle de la dernière fois où il a donné un show à Montréal.  Ce même show dont je parle plus haut.


Apparemment, le Stade Olympique est situé dans le Vieux Montréal, près de La Cour d’Appel Fédérale, coin Notre Dame et St-Gabriel.

Je suis étonné que le dessinateur n’ait trouvé aucune référence photo pour une  structure aussi connue que le Stade Olympique de Montréal.  Je veux bien croire que c’était à l’ère pré-internet, faut pas oublier que deux ans plus tôt, lors des olympiades de ’76, des photos de l’endroit étaient publiées dans tous les journaux de la planète.




Voici la version filmée du saut:

 Dans le comic, l’Homme Volant s’est remis de son accident et a poursuivi sa carrière de cascadeur.  Il devient même chanteur, histoire d’annoncer, à la fin du comic, la sortie prochaine de l’album du vrai Human Fly.


Mais dans la vraie vie, non seulement cet album n’est-il jamais paru, L’Homme Zipper n’a réalisé que ces deux cascades.   Et après l’échec de son saut au Stade Olympique, il a totalement disparu.  On en parle aussi sur sa page Wikipedia.  L’accident, et plusieurs autres détails au sujet de la courte carrière du Human Fly, est également relaté sur la page The Rocketman.com, section Human Fly, par celui qui a construit sa moto-fusée. (Image tirée de cette page.)

Passons maintenant à Alpha Flight no.30, car s’il y a une série de Marvel où Montréal est le plus souvent représenté, c’est bien chez cette équipe de super-héros canadiens.  On y voit leur chef, Heather Hudson, se rendre à l’Hôpital Général de Montréal, découvrir que son coéquipier Madison Jeffries (Mutant pouvant remodeler le métal) a un frère, Lionel Jeffries (Mutant pouvant remodeler le corps humain).  



Pour être franc, je ne reconnais pas tellement l’architecture, peu importe sous quel angle je regarde l’hôpital.  Mais c’est peut-être juste moi.  

Dans le numéro suivant, toujours à Montréal, l’équipe affronte Deadly Ernest, un homme mort revenu à la vie grâce à Lionel qui l’a reconstitué.  Ernest a le pouvoir de tuer d’un simple contact physique.  Le tout est dessiné par un pré-Hellboy Mike Mignola, dont le style est rendu méconnaissable par l’encrage de Gerry Talaoc.




Cette rue a un petit feeling Sainte-Catherine près de St-Laurent des années 80, à ceci près que la Loi 178 n’aurait pas permis l’affichage unilingue anglais pour les commerces.

Deadly Ernest est d’abord apparu dans Alpha Flight numéro 7 (1983), et a été tué dans le numéro suivant par Nemesis, que l’on n’a plus revu depuis.  Puisque Ernest est revenu, alors Nemesis aussi.


Place d’Armes, la statue de Jacques Cartier, le musée de la Banque de Montréal, tout est fidèlement représenté.  À ce détail près qu’il s’agit de Paul Chomedey de Maisonneuve et non Jacques Cartier. 

On retourne donc à l’hôpital où les membres d’Alpha Flight s’apprêtent à quitter Lionel. Là encore, peu importe sous quel angle je regarde l’hôpital, ce dessin semble plus l’évoquer que le représenter.

Un infirmier leur apprend que le corps de Deadly Ernest est disparu de la morgue.  Ils se lancent à sa poursuite, tandis que Nemesis survole la silhouette de la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde.


Le décor me semble évoquer l’UQÀM, coin Ste-Catherine et St-Denis.

Ça signifierait que la station de métro est Berri-UQÀM.  Elle me rappelle plutôt la station Peel, sans toutefois lui ressembler tout à fait.  Quant au panneau de métro, c’est presque ça!

Cette manie de dessiner les choses semi-ressemblantes (à part pour Place d’Armes) me donne l’impression que Mignola aurait déjà visité Montréal et l’aurait redessiné selon ses souvenirs, plutôt qu’en utilisant des photos en références.

Alpha Flight et Nemesis retrouvent Ernest.  Ce dernier arrive à affecter la moitié des héros de son toucher mortel, avant de s’enfuir dans le tunnel en prenant Heather en otage. 

Tandis que Nemesis utilise ses pouvoirs pour garder les victimes en animation suspendue, elle prête sa lame à Puck qui re-découpe Ernest en morceaux, avant que ceux-ci se fassent écrapou par un métro qui aurait été déjà plus ressemblant s’il avait été de la bonne couleur.

Nemesis utilise sa lame pour rendre aux victimes leur énergie vitale, et tout est bien qui finit bien.

Passons maintenant à Uncanny X-Men.  Dans le numéro 414 (2012), Charles Xavier se rend à Montréal recruter Jean-Paul Beaubier alias Northstar.  Montréal y apparaît en spash page, aux pages 2 et 3.  Un Montréal apparemment situé au bord de la mer.

Vous en voulez une, cherchée loin?  En 1950, il y avait une série mettant en vedette un agent secret américain, Kent Blake of the Secret Service. Chaque comic avait plusieurs courtes histoires. Dans le numéro 3, la seconde s’intitule The Stolen Plans.  Kent fait équipe avec un agent secret de France, Monsieur Lavalle, pour intercepter des communistes qui essayent de transmettre un microfilm. En écorniflant un agent ennemi, Kent se fait repérer et assommer. L’histoire se déplace éventuellement vers Montréal.


Bon, on ne voit de Montréal que des arbres et des rails de chemin de fer.  Mais la place est mentionnée, c’est déjà ça.  

Enfin, il arrive parfois, très très rarement, qu’une ville du Québec autre que Montréal ou Québec soit représentée chez Marvel. C’est le cas de Sainte-Anne de Beaupré, dans Alpha Flight vol.1 no.81, où on voit que Jeanne-Marie Beaubier / Aurora est devenue religieuse.


Le dessinateur ne s’est pas fait chier à dessiner l’église.  Il en a juste passé une photo à la photocopieuse.

J’ai plusieurs autres exemples de Montréal chez Marvel, mais ça doublerait la longueur de l’article.  On y reviendra dans deux semaines.  En attendant…:

LA SEMAINE PROCHAINE: Captain America et Bucky passent leurs vacances de Noël à Québec, sur les glissades de la Terrasse Dufferin, capturant des espions nazis sur l’Île d’Orléans.

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Et à part de t’ça.
Lorsque je ne suis pas occupé à écrire au sujet des BD des autres, je fais les miennes.  Voyez ma série La Clique Vidéo sur la page Requin Roll, dont voici la planche numéro 6.


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